Histoire du village de La Chapelle

Publié le par Hervé Léger

LE VILLAGE DE LA CHAPELLE 

 

 

 

Le village de La Chapelle s'est constitué sur un site naturel de cols entre les collines de

 Montmartre (129 m d'altitude) et de Belleville (128 m). Cette modeste agglomération était

située sur l'une des principales routes desservant Paris et conduisant, au nord, vers l'abbaye

royale de Saint-Denis.

 

 

 

 

La Chapelle fut l'autre village par rapport à Montmartre, annexé à Paris en 1860 pour

former le XVIIIème arrondissement. Son existence apparaît au 6ème avec une chapelle

Sainte-Geneviève qui devint paroisse de Saint-Denis au 13ème

 

 

 

Le massacre de La Chapelle Gravure de Berthault d'après F.-L. Prieur

24 janvier 1791

 

 

 

 

 

Pour l’histoire, en 475 Sainte Geneviève fit transporter le cercueil de Saint Denis dans un

oratoire au col de la Chapelle ( emplacement actuel de l’Eglise Saint Denys de la

Chapelle construite au siècle dernier en photo ci-dessous ),

 

Puis le roi Dagobert fit transférer les reliques de Saint-Denis à l’abbaye royale de Saint Denis.

 

 

 

 

 

La Basilique des Rois de Saint-Denis

 

 

 

 

 

 

 

 

 Du 9ème au 15ème, la Foire du Lendit apporta richesse et célébrité au village de La Chapelle.

 

 

 

 

*La Foire du Lendit est un rassemblement commercial et populaire, dont le nom provient du mot latin indictus (lieu fixé de rencontre). C’ était au Moyen Âge la foire la plus importante de la région parisienne. Elle se tenait dans la Plaine. On s'y rendait pour s'y approvisionner mais aussi par curiosité et pour s'amuser.

 

 

 

 

Son ouverture, le 11 juin, jour de la saint Barnabé, était précédée de la translation des reliques des saints de Notre-Dame de Paris à Saint-Denis. La bénédiction de l'évêque de Paris marquait l'ouverture des échanges. La foire durait une quinzaine de jours. On y venait de France mais aussi de l'étranger. On y faisait commerce de toutes sortes de produits artisanaux mais aussi de bestiaux et de chevaux.

 

 

 

 

 La vente de parchemin et de vélin, produits rares importés d'Orient et

dont l'exclusivité était réservée à l'université de Paris, se déroulait selon

un cérémonial solennel. Pour entamer les transactions, le recteur se

rendait à la foire suivi d'un immense cortège d'étudiants qui semaient le

plus grand désordre. Ils finirent par s'y voir interdits. La sécurité étant de

 moins en moins assurée, Henri II, par un arrêt de novembre 1556,

transféra la foire à l'intérieur de la ville dans les halles de l'abbaye. De

nos jours, seul le nom de Lendit se perpétue.

 

 

 

 

 

Le 3 septembre1429, Jeanne d'Arc arrive à La Chapelle.

 

"Après avoir libéré Orléans le 8 mai, puis sacré Charles VII à Reims le 17

juillet, elle veut conquérir Paris pour délivrer la ville occupée par les

Anglais et installer le roi sur le trône.

 

Le 7 septembre, elle fait une veillée d'armes et de prière dans l'Eglise de

La Chapelle pour se préparer à attaquer Paris.

Le lendemain matin, jeudi 8 septembre, Jeanne assiste à la messe et

communie dans la petite église.

 

 L’église Saint-Denis de la Chapelle et son

portail classique ; à droite, la statue de Jeanne d’Arc, commémorant le

court séjour que la sainte y fit en 1429.

 

Partie pour donner l'assaut, elle est blessée; un trait d'arbalète lui déchire

la cuisse. Soignée, elle est ramenée à La Chapelle.

Après avoir passé la nuit à La Chapelle, Jeanne voulut repartir à l'attaque

malgré sa blessure, mais "vinrent le duc de Bar et le comte de Clermont

de par le roi" qui donnèrent l'ordre de se replier à Saint-Denis. Elle suit

Charles VII, avant d'être prise à Compiègne (23 mai 1430) et brûlée sur

le bûcher à Rouen (31 mai 1431)."

 

Extrait du livre de Jacques François : Histoire du Village La Chapelle,

des origines à nos jours.

 

 

Jusqu'à la Révolution, le village faisait partie de la seigneurie de Saint-Denis, elle-même

 propriété de l'abbaye de Saint-Denis. Le village de La Chapelle s'appelait d'ailleurs

La Chapelle-Saint-Denis.

 
En 1788
, la commune de la Chapelle comptait 148 feux, soit de 600 à 800 habitants adonnés principalement au commerce et à l’artisanat, établis le long de la route de Saint-Denis. Cette commune comprit le terroir de la Goutte d’Or, alors exclusivement rural. 

 

 

 

En 1791, eut lieu  le premier acte révolutionnaire, dit "massacre" de La Chapelle. 

 

Entre 1836 et 1856, La Chapelle connaît une expansion exceptionnellement forte puisque

sa population est presque multipliée par sept en vingt ans. C’est vers 1814 que s’est

constitué le hameau de la Goutte d’Or. A l’est de la Goutte d’Or se crée un autre hameau,

dit Saint-Ange, du nom du propriétaire du terrain, situé entre les actuelles rue de la

Charbonnière et de Jessaint et le boulevard de La Chapelle.  

 

 

 

 

La Commune de Paris, gouvernement insurrectionnel français (18 mars - 27 mai 1871)

marqua sévèrement l'arrondissement au cours de la "Semaine sanglante du

 « 21 au 27 mai 1871 ».                                              

  Au début du 19ème siècle, on observe une forte poussée démographique ouvrière.

 

 

 

 

 

  L'urbanisation de La Chapelle, ses voies ferrées et ses entrepôts reste à faire.  

 

 

Le quartier est bouleversé par la révolution industrielle du XIXe siècle

 

 

 

La première moitié du XIXe siècle est une période d'intense mutation économique et

urbaine pour les villages ruraux. A partir de 1820, le paysage du Nord de Paris, et

notamment de la Plaine Saint-Denis, change rapidement sous l'effet de l'industrialisation.

 

Deux facteurs expliquent largement l'évolution du secteur :

 

- à partir de 1841 a été construite l'enceinte fortifiée de Thiers, correspondant à

 l'emplacement des actuels boulevards des Maréchaux. Cette ligne fortifiée place les

communes situées entre elle-même et l'ancien mur des Fermiers Généraux dans l'orbite

directe de Paris, entraînant leur évolution rapide ;

 

- en 1846, l'ouverture de la Gare du Nord et l'installation de nombreux dépôts et ateliers

 qui lui sont liés modifient considérablement le paysage ; les lignes de chemin de fer créent

une véritable césure entre Clignancourt et la Chapelle, à hauteur du Chemin des

Poissonniers.

 

Ci-dessous la Gare du Nord de nos jours 

 

 

 

 

De  son côté, la Commune de Montmartre accueille un flux important d'habitants venus

 travailler dans la capitale mais trop pauvres pour s'y loger. La population est constituée de

 cabaretiers, de meuniers, de carriers, d'employés, d'ouvriers, de petits rentiers et d'artistes.

 

L'urbanisation de Montmartre s'étend progressivement vers le Nord, au delà de la rue

Marcadet.

 

 

 

 

 

 

1843 : la municipalité de La Chapelle décide de faire construire une nouvelle mairie, à

 

l'angle sud de la Grande rue et de la rue Doudeauville. (actuellement angle rue Doudeauville

 

rue Marx Dormoy). Elle ne regarde pas à la dépense et n'hésite pas à s'endetter.

 

Mairie de La Chapelle inaugurée en 1845

 

Le conseil municipal décide en 1844 d'y ajouter une horloge avec un cadran éclairé la nuit.

 

 

 

16 Février 1845 : Inauguration de la mairie de La Chapelle. Le bâtiment comprend la

 

mairie, la Justice de Paix, un commissariat de Police et trois écoles.

 

 

 

L'extension urbaine conduit Napoléon III, sur les conseils du préfet Haussmann, à

envisager le rattachement à Paris des communes situées entre les limites parisiennes et

l'enceinte de Thiers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A compter du 1er janvier 1860, les anciennes communes de banlieue sont annexées à

 

Paris et constituent désormais des arrondissements. Une partie des communes de La

Chapelle et de Montmartre sont réunies au sein du XVIIIe arrondissement, formé de

quatre quartiers administratifs (Grandes Carrières, Clignancourt, Goutte d'Or et La

Chapelle).

 

La partie de la commune de Montmartre située à l'extérieur de l'enceinte de Thiers fut

 rattachée à la commune de Saint-Ouen. La commune de Montmartre disparaît.

 

Le quartier Chapelle est limité au sud par le mur des Fermiers Généraux, qui est aussitôt

détruit. Au nord, le quartier est borné par l'enceinte bastionnée de Thiers. La barrière de

l'octroi est déplacée de l'actuelle place de La Chapelle à la porte de La Chapelle.

 

La Chapelle perd, au profit de Saint-Ouen, Saint-Denis et Aubervilliers, le territoire de

l'ancienne commune situé dans la Plaine, au delà des fortifications. 

 

Le conseil municipal de La Chapelle approuve alors la disparition de la commune, tout en

protestant vivement contre l'amputation de son territoire. Il avait souhaité que la mairie du

18ème soit installée dans la belle mairie de La Chapelle ( voir photo plus haut ), mais il n'est pas

écouté.

 

La première municipalité du 18ème est installée dans l'ancienne mairie de

Montmartre, qui se situait à l'emplacement du square Jehan Rictus.

 

 

 

Enfin, la volonté de recentrer l'arrondissement explique l'implantation de la nouvelle

 mairie, entre 1888 et 1892, en bordure de la nouvelle place Jules Joffrin, inaugurée en

1858, et de l'église Notre Dame de Clignancourt, ouverte en 1863.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE VILLAGE DE MONTMARTRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le village de Montmartre s'est implanté sur une colline naturelle qui présentait une

situation protectrice et dominait une zone basse assez marécageuse car traversée par un

bras de la Seine. Le site aurait été occupé dès l'époque gallo-romaine puisque l'étymologie

 de Montmartre proviendrait soit de « mont de Mercure » soit de « mont de Mars ».

Certains font dériver ce nom de « mont des Martyrs » en raison d'une légende qui veut que,

au IIIe siècle après JC, Saint-Denis et ses compagnons Rustique et Eleuthère aient été

suppliciés sur la butte.

 

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Montmartre était un gros bourg entouré de vignes sur ses

versants et de cultures d'arbres fruitiers et de céréales à sa base. Le parcellaire actuel est

largement hérité de cette activité agricole. Les rues de Montmartre étaient des chemins

ruraux qui rejoignaient les champs. De multiples sources jaillissaient des flancs de la colline.

Les versants de la butte étaient creusés de nombreuses carrières destinées à l'exploitation

du gypse, dont on faisait le plâtre largement utilisé pour la construction de Paris.

 

L'histoire de Montmartre se confond jusqu'à la Révolution avec celle d'une très importante

abbaye de religieuses relevant de l'ordre de Saint-Benoît. A la Révolution, l'abbaye fut détruite

et la commune de Montmartre fut créée en 1790.

 

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