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OUVRAGES ET LIVRES
SUR LE QUARTIER
LA CHAPELLE MARX DORMOY
Vous pouvez retrouver l'histoire de notre quartier à travers certains romans et ouvrages :
en voici quelques-uns.
N'hésitez pas à réagir et à me proposer d'autres ouvrages ou romans sur le quartier La Chapelle.
Jacques François : Histoire du village de La Chapelle, des origines à nos jours
( 2000 Edition revue et argumentée de la Chronique de La Chapelle Saint-Denis )
Dans cet ouvrage argumenté, Jacques François nous raconte la vie d'un village qui s'est formé
autour de la chapelle qui lui a donné son nom.
Ce livre fourmille d'anecdotes et de détails sur le quartier.
Le saviez-vous? Extraits :
"La rue du Bon-Puits (rue de Torcy), qui conduit au village de la Villette, date de 1540.
La même année, une déclaration mentionne dans la Plaine la Croix de l'Evangile".
"La grande rue s'appelle rue de la Chapelle à partir de 1867.
C'est la rue la plus large de Paris : ailleurs, une artère d'une telle largeur
serait baptisée boulevard ou avenue."
Ce livre de Jacques François est aussi illustré de nombreuses photos et cartes postales notamment à la fin de l'ouvrage.
Marcel Aymé : Derrière chez Martin ( Editions Gallimard 1938 )
Dans ce livre, Marcel Aymé décrit dans l'un des chapitres intitulé " Rue de l'Evangile ",
l'atmosphère du quartier en 1938.
" Le quartier de la chapelle, en sa partie nord, est resserré
entre des murs nus dissimulant des usines, des gares de marchandises, des voies de chemins de fer, des gazomètres,
des trains sales et des locomotives haut-le-pied.
Les fumées des réseaux de l'Est et du Nord,
se mêlant aux fumées d'usines,
noircissent des immeubles conçus avec économies
et les rues, peu passantes, ont un aspect
de province flétrie, cernée par un désert de rouille
et de charbon. C'est un paysage littéraire
où les promeneurs d'une âme sensible,
en écoutant les trains siffler dans une brume souillée,
se surprennent à prier Dieu pour que la vie ne soit pas démesurément trop longue."
Un peu plus loin sur la rue de l'Evangile on peut lire :
"A quelques cents mètres de la place Hébert,
elle s'infléchissait un peu sur la droite
et semblait se poursuivre sans fin
entre les deux murs unis et se perdre en elle-même.
Dans la lumière grise et fumeuse du matin,
elle apparaissait comme un chemin abstrait,
comme le départ d'un infini maussade ou d'un couloir désolé
menant à d'inaccessibles paradis."
Cette vision du quartier n'est pas très joyeuse. Qu'en pensez-vous?
Liens : http://www.jeromedelacroix.com/marcelayme/biblio.htm
Albert Simonin : Confession d'un enfant de La Chapelle ( Editions Gallimard 1977 )
Dans son livre Albert Simonin nous décrit le quartier
La Chapelle comme un quartier des faubourgs
et un ancien village au rythme paisible.
Extrait :
"Je suis venu au monde à crédit.
Mon père, qui traquait l'outsider sur les hippodromes
de la région parisienne, devait mettre deux années,
thune (pièce de cinq francs) après thune, à ho-norer Mme Weber,
la sage-femme qui venait de délivrer ma brave maman.
Il ne s'agissait pourtant que de cinquante francs!
Ainsi, dès mon premier vagissement,
me trouvai-je voué au « croume » (crédit),
fatalité que la suite de mes jours ne devait pas démentir.
Cet accroissement d'une unité de la population parisienne
eut pour théâtre le logis de mes pa-rents,
sis rue Riquet, à La Chapelle, XVIIIe arrondissement.
Les naissances en ce temps et en ce faubourg
avaient lieu, par souci de respectabilité,
au domicile des géniteurs,
les maternités de l'Assistance publique étant réputées
dans l'esprit du populaire devoir être
la ressource des filles-mères, des rôtisseuses de balais (moustache),
voire des franches (personne qui donne asile à un coupable) putes, parturientes (femme qui accouche)
condamnées pour cent raisons, dont la moindre était la gratuité,
à l'accouchement subreptice."
Autre extrait:
" La Chapelle de mes première années était encore
un village, et à l'instar des bourgades de province,
le passage d'une automobile dans ses rues
y déclenchait une intense émotion,
proche de la panique. Toute traction était alors animale,
et le cheval, le "gail" en langage populaire,
tenait la vedette dans le bestiaire parisien :
lourds percherons attelés à deux aux flèches des fardiers,
demi-sang dévolus aux livraisons rapides,
trotteurs fringants,
steppant dans les brancards des charettes légères
de la laiterie Gervais, fougueux bourdons
à la robe noire tirant à quatre la grande échelle rouge
des sapeurs-pompiers, gails de réforme
terminant prosaïquement une carrière
de monture promise à l'héroïsme,
comme cheval de fiacre ou encore d'omnibus"
Liens : http://www.frankreichforum.org/simonintext.htm
Liens :http://www.bibliopoche.com/auteur/Albert_Simonin/3886.html
Emile Zola quant à lui regarde vivre le quartier un samedi soir, un peu avant 1870 :
"C'était l'heure où, d'un bout à l'autre des boulevards,
les marchands de vin, les bastringues,
les bousingots, à la file, flambaient gaiement
dans la rigolade des premières tournées
et du premier chahut. La paie de grande quinzaine
emplissait le trottoir d'une bousulade de gouapeurs
tirant une bordée. Ca sentait dans l'air la noce,
une sacrée noce, mais gentille encore,
un commencement d'allumage, rien de plus.
On s'empiffrait au fond des gargotes;
par toutes vitres éclairées, on voyait des gens manger,
la bouche pleine, riant sans même prendre la peine
d'avaler. Chez les marchands de vins, des pochards
s'installaient déjà, gueulant et gesticulant.
Et un bruit du tonnerre de Dieu montait des voix glapissantes,
des voix grasses, au milieu du continuel
roulement des peids de trottoirs...
Sur le boulevard de la Chapelle, et dans tout le quartier
de la Goutte d'Or, la paie de grande quinzaine mettait
un vacarme énorme de saoulerie."
Liens :http://www.libriszone.com/lib/biblio/auteurs/zola.htm
Francis Carco : L'ombre ( Editions Albin Michel 1933)
Dans son poème L'ombre, Francis Carco évoque une image furtive de l'entre-deux guerres :
" Sous le métro de La Chapelle,
Dans ce quartier pauvre et bruyant,
Elle m'attend, derrière les piliers noirs,
Où d'autres ombres fraternelle
Font aux passants, qu'elles appellent,
De grands gestes de désespoir."
Liens : http://bibliographies.lebeaulivre.com/fcarco.php
Liens : http://www.terresdecrivains.com/article.php3?id_article=27
Hervé Léger 27 février 2005
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