Des gens d'ici... et d'ailleurs : avant dernier rendez-vous avec Patrick Gaumer

Publié le par Alain et Hervé

RESIDENCE TORCY EVANGILE

Depuis trois semaines, Patrick Gaumer nous raconte … Mais quoi donc ?
Résumé des épisodes précédents: une vie-passion, la BD …( voir les articles des mardis 10, 17 et 24 janvier 2006 via le calendrier du blog ) 

 

4 .  La BD aujourd’hui …

Je m’intéresse à toutes les BD et dieu sait qu’aujourd’hui il y en a ! Du meilleur au pire : de passionnantes œuvres d’auteurs et d’autres qui me tombent des mains, mais je ne renie en aucune façon toute la partie populaire de la BD. Il y a des ouvrages très chers qui paraissent, des tirages de luxe, mais ils me laissent souvent un peu sceptique. Pour moi, le livre doit être accessible à tous et d’abord économiquement. Ce qui m’intéresse c’est d’abord le sens, ce que la personne a à raconter.

 

Oui, c’est un peu paradoxal car la BD reste évidemment une œuvre graphique. Quand on voit l’importance des Loisel, Moebius, … Mais pendant longtemps, l’auteur — à part les Franquin, Hergé —, on l’ignorait : on parlait de la BD de Spirou, de celle de Tintin. Je ne vais pas refaire l’histoire de la BD mais, en gros, on achetait le dernier Spirou, le dernier Tintin, mais pas l’auteur.

 

 

 

C’est à partir des années 60, grâce au journal Pilote et les premiers magazines pour adultes que le statut de l’auteur a évolué : on s’est mis à acheter du Bilal ou du Loisel plutôt que la « Quête de l’oiseau du temps » ou autre.

Enki Bilal. Détail d'un dessin." "E. Bilal et Les Humanoïdes Associés"

 

On a eu des auteurs, prodigieux dessinateurs, créateurs d’univers, qui ont amené énormément sur le plan graphique. Mais, si le beau dessin continue heureusement à plaire, il y a aussi une tendance qui se dessine depuis une dizaine d’années avec des auteurs moins habiles graphiquement mais qui ont des choses à raconter et qui — peu importe qu’ils ne dessinent pas « beau » – dessinent juste. Le plus bel exemple est sorti récemment : « Les mauvaises gens » d’Etienne Davodeau, qui raconte pratiquement l’histoire de mes parents. Cela se passe dans le Maine-et-Loire, des gens de milieu populaire qui ont démarré avec une enfance très imprégnée de catholicisme - la JOC – qui ont rencontré les prêtres ouvriers et sont devenus des chrétiens de gauche … Cet album c’est ce parcours. Il y a certes parfois des erreurs d’anatomie et ce n’est pas spectaculaire, mais ça raconte quelque chose de profond et ça m’intéresse.

Je suis d’accord aussi sur l’autre dimension. Le dernier « Blacksad » est prodigieusement bien dessiné, l’histoire est bonne … sur fond de maccarthisme. Mais je prends aussi énormément de plaisir à lire des choses plus… modestes.

 

La fin de l'entretien sur : http://parislachapelle.over-blog.com

 

Alain et Hervé mardi 31 janvier 2006

 

 

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